L’Océanic en appelle au hockey et non le plongeon
Journal L'Avantage par Réal-Jean Couture
Il fallait s’y attendre. L’Océanic de Rimouski a répliqué au dossier des avantages numériques en faveur des Voltigeurs de Drummondville dans les deux premiers matchs de la série demi finale, accusant les Voltigeurs d’être des spécialistes du plongeon et d’en profiter au détriment de la bonne foi des officiels en charge des rencontres.
L'Océanic veut bien se faire battre au hockey, mais pas au plongeon. Aucune formation dans ce domaine indique la direction hockey de Rimouski. - photo Stéphane Fournier
Les journalistes de Rimouski ont eu droit à une session vidéo où il a été démontré, non seulement la tactique de plongeon qui fait que l’adversaire (l’Océanic) est pénalité, mais la démonstration a été clairement faite que le nombre des pénalités au lieu d’être 15-2 en faveur de Drummondville dans le match # 1, aurait pu être facilement de 15-15.
« La tricherie, j’en ai contre ça. Oui, les Voltigeurs sont bons, oui ils ont une bonne équipe sur l’avantage numérique, mais là où ils se spécialisent davantage, c’est dans le ‘diving’. Ce sont des plongeurs invétérés et cela a pour effet de déséquilibrer l’arbitrage. Les officiels ne savent plus sur quel pied danser. Il y en a tellement qu’on les fait mal paraître et là, ils sèment le doute. »
Le directeur général adjoint, Yannick Dumais, ne mâche pas ses mots, sauf qu’il évite d’attaquer les arbitres qu’il présente quasiment comme des victimes du stratagème des Voltigeurs. Dumais soumet toutefois qu’en visionnement le match de vendredi, il est clair que les mêmes choses ne sont pas appelées de façon égale des deux côtés.
Guy Boucher a tout le respect de Rimouski, mais au hockey... - photo Stéphane Fournier
Voyant ce qu’il appelle « les spécialistes du plongeon », Dumais réitère son respect pour l’entraîneur chef Guy Boucher, un ancien adjoint avec l’Océanic. « Il a deux médailles d’or avec Équipe Canada, a fait un travail formidable pour monter son équipe au premier rang de la LHJMQ. Mais ça en est rendu qu’on se demande si le plongeon ne fait justement pas partie de leur plan de match. Ils ont des spécialistes sur tous les trios. »
La dénonciation média de cette situation par l’Océanic vise, selon Dumais, à ce que sa formation obtienne un traitement équitable. « Et que les tricheurs se fassent prendre. À force de tricher, tu risques de te faire prendre et cela risque de te faire mal. Ce qu’on souhaite donc est que l’on joue au hockey, que l’on cesse de plonger, de se laisser tomber. »
« Ils ne font aucun effort pour demeurer debout. Dès qu’ils sentent qu’il y a un joueur proche, ils sont assez intelligents dans leurs actions. Et une autre preuve qui tend à démontrer que c’est dans leur plan de match est que cela ne se fait que dans la zone offensive de l’adversaire. Jamais dans leur zone défensive. Dans la zone adverse, dès qu’ils sentent quelqu’un près d’eux, ils tombent. »
Dumais se pose d’autres questions. Il constate que dans les deux matchs entre Québec et Shawinigan, le nombre des avantages numériques est de 4 contre 3 en premier match et de 6 contre 4 dans le 2e. « C’est très serré dans le nombre des punitions, il n’y en n,a pas énormément dans chaque match. Pourquoi alors Drummondville depuis le début des séries, a 10 avantages numériques par match ? Parce que ce sont des spécialistes dans ce domaine là (plongeon). »
Clément Jodoin a peu ajouté sur la question, mais ses mots veulent tout dire. « Je n’accepte pas les plongeons. Je peux me faire battre de la manière dont on veut, mais ce que je crois est du fait que je me tiens debout et je redis à mes joueurs qu’il y a une façon de faire et on va toujours le faire de la même façon. Oui, ça demeure de la compétition, mais je n’ai pas beaucoup de respect pour cette forme de compétition qui est le plongeon. »
Jodoin ajoute que cela ne fait pas partie de son enseignement. « Tu enseignes aux joueurs à se tenir debout. 15-2 les punitions dans le premier match… Je vous ai montré que cela aurait pu finir 15-15. Tout est donc question de réalité… »
Chez les Voltigeurs, on a peu réagi dans ce dossier, laissant Rimouski mener sa barque à sa manière. Le directeur général Dominic Ricard s’est fait l’homme de peu de mots tandis que Guy Boucher a – jusqu’ici – refusé de commenter, préférant répéter à qui veut l’entendre que la série est 0-0 et que le prochain match est majeur pour lui et son équipe.
On verra ce soir comment cette sortie de l’Océanic sera reçue par le public et par les officiels qui seront sur la glace. En passant, 10 des 12 buts des Voltigeurs dans cette série sont en avantage numérique. Rimouski et Drummondville sont 2-2 à forces égales dans les deux premiers matchs.